• Document: La peinture de marine du XVII e au XX e siècle
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La peinture de marine e du XVII au XXe siècle  Repères La peinture de marine du XVIIe au XXe siècle « La mer mugit, les vents sifflent, le tonnerre gronde, la lueur sombre et pâle des éclairs perce la nue, montre et dérobe la scène. On entend le bruit des flancs d'un vaisseau qui s'entr'ouvre ; ses mâts sont inclinés, ses voiles déchirées. […] Tournez vos yeux sur une autre mer, et vous verrez le calme avec tous ses charmes. Les eaux tranquilles, aplanies et riantes, s'étendent en perdant insensiblement de leur transparence, et s'éclairant insensiblement à leur surface, depuis le rivage jusqu'où l'horizon confine avec le ciel. […] Tout est vrai ! » Denis Diderot, Commentaires sur le Salon du Louvre, à propos de Vernet, 1763 A l’origine, le musée de la Marine est conçu essentiellement comme un conservatoire de modèles. Au XIXe siècle, les beaux-arts sont associés progressivement au fonds historique. La peinture d’histoire et les paysages marins font une entrée plus tardive dans les collections : les tableaux de Vernet, déposés par le Louvre, ne sont inscrits à l’inventaire qu’en 1903. Naissance d’un genre C’est, au XVIIe siècle, en Italie et surtout aux Pays-Bas, que se développe la peinture de marine. Les pays flamands connaissent alors une grande prospérité économique, principalement liée au commerce maritime et à la pêche. A Anvers, Amsterdam, Rotterdam… une centaine de peintres, dont Ludolf Backhuysen, vivent en peignant des marines réalistes, décrivant scènes portuaires ou batailles navales. A la fin du siècle, le déclin du commerce pousse les peintres hollandais à émigrer en Angleterre. Ils y créent une école de peinture qui gagne la France puis l’Italie. A Rome, le français Claude Gellée dit Le Lorrain (1600-1682) recompose des marines idéales. Il mêle paysages et peintures d’histoire en inscrivant des scènes mythologiques dans des vues de ports. Mais si le thème du tableau n’est qu’un prétexte pour peindre un vaste paysage, il ne cherche pas à représenter la nature telle qu’elle est mais telle qu’elle devrait être. Ses compositions théâtrales et la poésie de ses effets lumineux influenceront des générations de peintres, dont l’anglais William Turner (1775-1851). Une commande officielle Le réalisme nordique, le traitement du paysage par Le Lorrain et les vues de villes italiennes de Canaletto (1697-1768) inspirent un français installé à Rome : Joseph Vernet. En 1750, le marquis de Marigny, directeur des Bâtiments du roi, visite l’atelier du peintre. Séduit par un talent qui allie parfaitement description et sens du décor, il a l’idée de lui commander au nom du roi de grands tableaux exaltant les ports de France. Cette série constitue la commande la plus importante du règne de Louis XV. A l’heure où la guerre de Sept Ans témoigne de la rivalité entre la France et l’Angleterre, le roi veut montrer sa puissance. L’activité économique des ports, intensifiée par les échanges commerciaux avec les colonies, révèle toute la richesse du pays. Un itinéraire très précis est établi. De 1753 à 1765, Vernet, accompagné de sa famille et de ses domestiques, parcourt le pays, de Marseille à Dieppe. Il commence par étudier les plans du port puis examine les lieux et détermine la composition de son tableau. L’observation directe de la nature est à la base de sa méthode. Vernet tient compte de la spécificité de chaque lieu et place au premier plan les activités propres à celui-ci. Ses toiles reflètent l’organisation de la France d’Ancien Régime. En bon reporter de son époque, il s’attache à faire figurer dans ses toiles les trois ordres constitutifs de la société. Présentés au Louvre, au Salon annuel de Peinture et de Sculpture, les tableaux remportent un vif succès. Cependant, Vernet n’exécute que 15 toiles sur les 24 prévues. La guerre épuisant les finances royales, l’heure n’est plus à la propagande. L’arrêt de la commande n’affecte pas la carrière de Vernet qui continue à peindre pour des collectionneurs privés. En 1791, à la demande de l’Assemblée Constituante, le peintre Jean-François Hue reprend la série des Ports de France en réalisant une vue de Lorient et trois vues de Brest. De la peinture de paysage à la peinture d’histoire En 1648, Mazarin crée l’Académie de Peinture et de Sculpture afin d’encourager la création artistique. Une hiérarchie des genres est mise en place. La peinture d’histoire, appelée grand genre, obtient la primauté tandis que le paysage est relégué au dernier rang. Parce qu’ils préfèrent se consacrer aux thèmes qui leur accorderont les faveurs du roi, quelques artistes, dont Jean- Baptiste de La Rose, tentent d’introduire dans leurs marines des sujets historiques. Mais, les périodes glorieuses de la Marine française ne correspon

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