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1. Coupe aux armes d’Anne de Bretagne, Venise, 1499–1514, verre cristallo émaillé et doré, Écouen, musée national de la Renaissance, 1499-1514, inv. E.Cl. 1567. Le verre de Venise et « à la façon de Venise » en France aux xvie et xviie siècles Marie-Laure de Rochebrune La grande exposition, Beyond Venice, consacrée au Murano figurent encore en bonne place dans la verre « à la façon de Venise » en Europe aux xvie et peinture française du xviie siècle4 et que des peti- xviie siècles, qui s’est tenue à l’été 2004 au Corning tes coupes en verre de couleur, typiquement véni- Museum of Glass (USA), a permis de faire le point tiennes, ont été retrouvées au Louvre, lors des des connaissances actuelles sur le succès et la trans- fouilles de la cour Napoléon, à l’emplacement de mission des techniques de la verrerie vénitienne maisons élevées vers 16225. dans une large part de l’Europe dès le xvie siècle. Cet engouement pour le verre vénitien se Ayant été chargée du chapitre consacré à la France, manifesta aussi tout au long des xvie et xviie siè- nous livrons ici nos principales conclusions. cles par la volonté résolue des souverains français Les historiens soulignent généralement abon- et de quelques mécènes éclairés d’attirer des ver- damment les sources italiennes de la première riers italiens dans le royaume afin d’y exécuter Renaissance française dans des domaines aussi une production semblable à celle de Venise. Cette variés que la peinture, la sculpture, l’architecture, la politique devait bouleverser durablement les céramique ou l’art des jardins. En revanche, ils fabrications françaises et avoir des prolonge- négligent le plus souvent un aspect pourtant ments féconds jusqu’au xviie siècle. Des verres important de cette fascination pour l’Italie qui exécutés en France « à la façon de Venise » sont apparaît dans le goût très vif pour la verrerie véni- souvent représentés dans la nature morte tienne qui se répandit alors dans les plus hautes contemporaine, notamment dans les œuvres des sphères de la société. Cet engouement, qui modifia frères Le Nain, montrant bien la permanence de profondément la nature de la production verrière ce goût jusqu’au siècle de Louis XIV6. Si ce der- française à l’époque moderne, apparut très tôt en nier et Colbert semblent avoir témoigné d’un milieu de cour puisque des achats de verres souf- intérêt moindre pour le verre creux à « la façon flés à Venise sont mentionnés dès le début du de Venise », désormais bien implanté dans le xve siècle notamment dans les comptes du duc royaume, en revanche tous deux ont cherché à Jean de Berry1. Aucun objet de cette période ne maintes reprises à faire venir en France des ver- semble cependant être conservé à ce jour. riers de Murano, pour y exécuter des miroirs à la Les quatre pièces aux armes d’Anne de manière vénitienne. L’engouement de la France Bretagne, exécutées dès la fin du siècle pour la pour le verre de Murano commença à décliner Reine2 (fig. 1), figurent sans doute parmi les ver- dans le dernier quart du xviie siècle. Au début du res vénitiens importés les plus anciens connus siècle suivant, la mode du verre de Venise passa aujourd’hui. Les achats de la cour en la matière définitivement, cédant désormais la place aux ne s’interrompirent pas dans les décennies sui- productions de Bohême et d’Angleterre. vantes puisque François Ier se rendit à son tour Le sujet même de l’exposition de Corning mon- acquéreur de pièces soufflées à Murano par l’in- tre que la France ne fut certainement pas le seul et termédiaire du Vénitien Domenico Balbani3. le premier pays à avoir apprécié le verre de L’intérêt de la France pour le verre de Venise ne Murano. Mais il semble bien, en revanche, qu’elle s’éteignit pas sous les règnes d’Henri II et de ses fut l’un des premiers pays à avoir attiré des verriers fils, ni au siècle suivant puisque des pièces de italiens sur son territoire. En effet, dès la première 17 moitié du xve siècle, l’Italien Ferro est-il signalé au et l’ancienneté. Le 24 janvier 1399, il accorda par service de René d’Anjou, en Provence en 14437. Au lettres royales aux verriers de la seigneurie du Parc siècle suivant, à l’instigation d’Henri II à Saint- Soubise, en Bas-Poitou, leurs premiers privilè- Germain-en-Laye, de Louis de Gonzague

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